vendredi 7 août 2026

"Mafia institute" de Ness Moress

Avertissement : mention de violence physique et psychologique, santé mentale, scarification, pensées suicidaires, deuil, torture, meurtre, séquestration, drogue, relation familiale toxique, harcèlement et issue tragique.

Plume aspire à être dans un lycée classique avec des cours de philo, rêve de soirées pyjamas avec les copines. Mais elle se retrouve forcée d'intégrer une institution qui forme les mafieux, car lorsque vous êtes "fille de" vous n'avez pas voie au chapitre. Le pas de bol : son tuteur n'est autre que le fils de la famille ennemie jurée...

Plume dénote totalement dans cet univers : sa mère est dans le coma (grâce à la famille ennemie jurée), elle dort avec un lapin, voudrait suivre un cursus classique. Alex s'est fondu dans le moule de la famille mafia : sans sentiments, tuer quelqu'un est juste un contrat, avoir un animal domestique et puis quoi encore... La cohabitation promet d'être difficile. En plus, vous ajoutez que la famille d'Alex est l'ennemie jurée de celle de Plume, et vous avez une atmosphère électrique.

Une approche moderne de "Roméo et Juliette" : deux familles se détestent. Le contexte est bien différent puisque le coma de la mère de Plume est la conséquence d'une action de la famille d'Alex. 


lundi 3 août 2026

"La colline" de Mathilde Beaussault

Rennes, un jour d'hiver. Monroe a 17 ans, séquestrée par sa mère, se vide de son sang. Un nouveau-né est retrouvé dans une benne à ordures, la police enquête dans un quartier où les personnes ne veulent pas parler et où les forces de l'ordre ne sont pas les bienvenus.

Ce roman est une immersion dans un quartier où des personnes ont des rêves, trafiquent, vivent comme ils peuvent. Le nourrisson est retrouvé vivant : quelqu'un a bien entendu ou vu quelque chose, mais personnes n'est vraiment enclin à aider car il y a une méfiance (derrière l'histoire du bébé y a-t-il autre chose que les policiers voudraient trouver ?). 
Il y a une sorte de microcosme dans ce quartier, comme une ville dans la ville. Ses codes, se protéger, son rythme de vie avec ses heures où les personnes s'activent et s'endorment. Les enquêteurs se retrouvent confronté à des familles qui ont leur omerta, ne pas vouloir parler pour rester fidèle à certaines personnes bien que l'on sente une volonté de sortir d'une spirale.

jeudi 30 juillet 2026

"Tu m'avais promis" de Maud Ankaoua

Luce attend impatiemment son 8ème anniversaire. Son père lui a promis un voyage. La date fatidique est arrivée, et son père a complètement oublié cette promesse... Mais pas le reste de la famille. Ils embarquent pour le Kenya.


Accepter d'avancer sans comprendre : pourquoi une mère / épouse a disparu du jour au lendemain, pourquoi n'y a-t-il pas d'indices sur une disparition volontaire ou un meurtre. Faire la différence entre se résigner et accepter. "Lâchez prise c'est accepter que certaines réponses ne viendront pas et que c'est acceptable."

La fillette s'adapte très facilement au Kenya : elle apprend quelques mots de la langue locale, s’extasie devant les animaux, participe avec entrain aux activités. Le chef de clan a tout de suite capté ce qui n'allait pas chez le père : si votre instinct vous dit quelque chose.

Se créer sa prison mentale. Voir que son parent s'enferme même s'il donne le change. À la fin du roman, nous savons si la mère est vivante ou décédée, mais nous ne connaissons pas les conditions de la disparition : est-ce le plus important ? 

lundi 27 juillet 2026

"L'homme-chevreuil"

Dans la forêt domaniale de Louviers, Geoffroy Delorme va vivre une immersion dans la forêt pendant sept ans. Il se nourrit de plantes et de fruits à coques, tisse des liens avec les animaux et est témoin de la déforestation.


Au début, il faut faire attention à ne pas manger de plante toxiques, certaines le sont passé un certain seuil de consommation. Occasionnellement, il entre la nuit chez ses parents pour prendre quelques allumettes et des boîtes de conserves, parfois il y a passe quelques jours officiellement. Pour sa famille, il est le marginal qui décide de vivre dans la forêt.
Le retour au monde civilisé a pris plusieurs années. Il ne manque pas de retourner dans la nature, c'est là qu'il s'y sent le mieux. La déconnexion de la nourriture transformée et ultratransformée a été plutôt facile, mais le chemin inverse est compliqué. 

dimanche 26 juillet 2026

"Sainte Emmerderesse" d'Audrey Alwett

Suzanne gagne au loto. Il ne lui en faut pas plus pour tout plaquer et acheter un manoir perdu au milieu de pas grand chose, en Normandie. Lors de la découverte du domaine, Suzanne va tomber sur Sainte Emmerderesse. Mais aussi des chasseurs, un gars qui vient déposer ses déchets pour les brûler...

Saint Prostate : merci d'avoir éloigné cet homme lourdingue qui ne m'intéresse pas. La prière pour Sainte Emmerderesse : c'est possible d'emmerder ou de se désemmerder. Les préparations de la boulangerie font l'unanimité : c'est difficilement mangeable (mais c'est le commerce le plus proche).

Elle a passé les deux dernières années à travailler son nouveau manuscrit, tout ça pour que son ex squatte son appartement et vole son idée. Elle va se retrouver dans le manoir normand et va trouver son nouveau sujet grâce à cette sainte.

Vous allez rencontrer un pompier volontaire gay rejeté par ses parents (surtout le père), une aide-soignante qui aimerait être reconnue à sa juste valeur, Jean-Machin médecin imbu de lui-même.

vendredi 24 juillet 2026

"La congrégation des magnifiques" de Bergthóra Snæbjörnsdóttir

Verónika a grandit avec des parents adeptes du fitness, surtout sa mère (en lisant entre les lignes). À 12 ans, elle rentre de l'école en pleurs parce qu'elle en a assez des remarques sur son physique : sa mère lui propose de faire un régime, et de la spirale néfaste. Chacun donne le change : tu as tes règles bah moi aussi depuis plusieurs mois déjà etc.

Le temps passe, Verónika continue de vivre avec des personnes qui sauvent les apparences, qui font toujours mieux ou plus tôt, des rencontres avec des personnes qui vendent des produits miracles pour répondre à la problématique du moment...

Tout le long de ce roman, Verónika perpétue les mêmes schémas, elle ne tire pas de leçons de ses "aventures", tombe toujours sur la mauvaise personne (qui lui vend ce qu'elle a envie d'entendre). Je reconnais qu'à la longue, j'ai trouvé cette lecture rébarbative. Sans partir sur un happy end, mais un espoir qu'elle tire un trait sur ses décennies d'errances à vouloir entrer dans un moule. En même temps, elle n'a connu qu'une famille dysfonctionnelle, des voisins qui mènent leur vie, des camarades d'école qui se tirent dans les pattes.

mercredi 22 juillet 2026

"Le paradoxe de l'abondance"

Dégradation de la qualité de l'eau (et d'accès), tomates en hiver, hyper production agricole, apparitions d'intolérances alimentaires (gluten, produits laitiers...).

J'ai beaucoup apprécié l'approche frise chronologique : l'évolution de l'occupation et de la gestion des sols du chasseur-cueilleur à nos jours, des parallèles avec l'Égypte antique aussi par exemple. La dernière partie est uniquement dans les temps modernes. Les terres ont été cloisonnées (remembrement qui donne un aspect carré au paysage), l'utilisation des pesticides et ses effets (algues vertes), remercier les petites fermes, hausse de l'obésité (alimentation ultra transformée), traitement de l'eau. C'est aussi des agriculteurs qui veulent proposer une alternative.

La question qui se pose à la fin de cette lecture : quel est le juste milieu face au nombre de bouches à nourrir ? Car cela fait réfléchir, en posant des faits, avec une évolution sur des centaines d'années du rapport entre l'Homme et la terre.

 

"Mafia institute" de Ness Moress

Avertissement : mention de violence physique et psychologique, santé mentale, scarification, pensées suicidaires, deuil, torture, meurtre, s...