samedi 14 décembre 2024

"Divergente" de Veronica Roth

Une saga débutée en 2012 pour la trilogie centrale, Veronica Roth a aussi écrit cette histoire du point de vue d'un autre personnage, Quatre.

Tome 1 : Divergente

Bienvenue dans un monde post apocalyptique. La ville est encerclée par un mur, électrifié. Au-delà de ce mur, c'est une nature hostile. La société est organisée autour de factions : Altruistes, Audacieux, Érudits, Fraternels, Sincères. Tris vit avec son frère Caleb dans la faction Altruistes. Arrive le jour du test, qui aidera chacun à choisir sa faction : rester où il est ou aller ailleurs. Fait rarissime, Tris ne rentre dans aucune case : elle est divergente... Le jour de la cérémonie du choix, elle devra décider pour elle-même où aller.

 

Tris choisi les Audacieux, la faction qui protège la ville. Quant à son frère, Caleb, il choisira les Érudits. Un choc pour les parents, qui perdent leurs deux enfants. Autre détail qui a toute son importance : dès que le choix est fait, la personne rejoint immédiatement sa faction, sans dire aurevoir à ses proches restés dans la faction d'origine. Débute alors l'intégration dans le nouveau groupe...

La sélection des Audacieux ne fait pas dans la dentelle. Tir avec arme à feu, course à pied, combat rapproché. Et surtout, un tableau : ceux qui sont dans le quota le plus bas ne resteront pas parmi les Audacieux, ils se retrouveront sans faction, à errer dans les rues de la ville, et à compter sur les dons alimentaires...

Au-delà de la volonté de rester dans la faction, un petit groupe d'Audacieux va découvrir une autre réalité : le gouvernement cache une réalité alternative... Êtes-vous prêt à prendre le risque de découvrir la vérité, surtout que c'est la faction avant le sang : vous ne devez en aucun cas revoir votre famille biologique, et tenter de les sauver ?

Tome 2 : Divergente, l'insurrection

Le groupe est en fuite. Le programme d'entraînement a été contourné : les Audacieux ont été lancés dans les rues de la ville, pour éliminer une partie de la population. Jeannine déclare la loi martiale. Une boite est découverte, elle pourrait permettre de trouver une solution pour maintenir l'équilibre de la ville... Tout individu ayant un taux suffisamment proche de la Divergence va devoir essayer de débloquer cette boîte pour en découvrir le contenu.

 

Tris est forcément dans le collimateur, étant donné qu'elle est divergente avérée (souvenez-vous de son test dans le premier tome). La solution serait qu'elle se rende au gouvernement afin d'éviter l'évincement violente de citoyens, qui n'arrivent pas à mettre en avant toutes les valeurs demandées (contrition, combat...).

Pendant ce temps, les tensions entre les factions continue de monter. Tris va tenter d'entrer en contact avec sa famille de sang pour les avertir : sa mère va lui faire une révélation qui va changer la vision du passé et donner un espoir pour l'avenir; quant à Caleb, gentil soldat ayant subit son lavage de cerveau et bien intégré dans sa nouvelle faction, il sera difficile de le faire changer d'avis. Difficile mais pas impossible. Caleb est à l'image de la majorité des habitants : le défis est de taille pour faire changer les lignes.

Lorsque tout s'effondre, quelle vérité pourrait être pire que de découvrir ce qui se passe réellement de l'autre côté du mur, le but de cette ville isolée ? Peut-être que les divergents ne sont pas une tare, mais la solution pour trouver la paix... Et si mettre les gens dans une case n'était pas la bonne solution ?


Tome 3 : Divergente, Allégeance

Chicago et ses factions : malgré les révélations sur les origines des factions, et l'intégration inévitables des divergents, la dictature en place décide autrement. Le groupe n'a d'autre choix que de s'enfuir au-delà du mur qui coupe la ville du reste du monde. Car ils ne sont pas seuls : d'autres villes ont aussi mis en place ces factions, avec plus ou moins de succès.

L'arrivée dans une sorte de ville laboratoire est l'espoir d'obtenir plus d'éclaircissements : comment la terre en est arrivée à être hostile en dehors de quelques villes organisées et protégées de l'extérieur, est-ce que les factions ont seulement fonctionné un temps avant d'arriver à la limite du système... Mais cette volonté de transparence des membres de cette ville est-elle surtout vraiment désintéressée ?

"Cinquante nuances de Grey" de E.L. James

La trilogie s'est retrouvée sur grands écrans avec Dakota Johnson et Jamie Dornan dans les rôles d'Anastasia Steele et Christian Grey. Avant d'être sur grand écran, c'était une trilogie littéraire.

Tome 1 : Cinquante nuances de Grey

Un point de départ tout ce qu'il y aurait de plus classique. Anastasia Steele, 21ans, est en collocation avec Kate Kavanagh. Lorsque Kate tombe malade, Anastasia la remplace au pied levé pour réaliser l'interview du mentor de leur Université : Christian Grey. Entrée fracassante dans le bureau, elle termine étalée par terre, n'ayant pas vu un carton de dossiers... Sans oublier une gaucherie sans nom pendant l'interview... Et ce sera le début de rendez-vous hors travail.

Mais Christian a un passe-temps particulier : sa chambre de jeux... De bondage. Pour Anastasia, toujours vierge, c'est une découverte totale de cet aspect des rapports intimes. Christian va aussi tomber de haut en découvrant que non seulement Anastasia ne connaît pas, dans les grandes lignes, cette pratique, mais elle n'y connaît rien du tout... Leur relation va débuter par une initiation à ces pratiques, et un attachement va finalement surgir.

Lorsque vous savez piloter un hélicoptère, en plus d'être PDG d'une multinationale, il faut savoir se protéger : un contrat de confidentialité est de rigueur, tout comme ce que la Soumise est prête à se soumettre (il y a quand même des limites que Christian se doit de poser).

Tome 2 : Cinquante nuances plus sombres

L'écart est là : d'accord pour la chambre rouge, d'accord pour ne pas tout révéler sur les cicatrices visibles sur le corps, mais est-il vraiment nécessaire de refuser tout contact physique, ne serait-ce qu'une main qui passe sur le torse ? Sous prétexte que Christian n'a connu que cette forme de rapports (intime et entre individus avec dominant / dominé), est-il vraiment impossible d'avoir une intimité plus plan-plan ? Un ras-le-bol de ce rapport de force et torturé. Ce n'est pas tout de rompre avec Christian, d'autant plus qu'il a toujours en tête de vouloir protéger Anastasia et qu'il ne voit plus qu'elle.

Lorsque des personnes du passé refont surface, une sorte d'alliance entre Anastasia et Christian va devoir s'établir. Même si elle est capable de se protéger, aller au commissariat, utiliser un spray répulsif : autant celle qui a entraîné Christian dans ces abîmes rôde mais a d'autres chats à fouetter, rien ne peut faire face au retour d'une ancienne soumise rancunière.


Comme toute relation, la fin de contrat n'est pas forcément bien acceptée, même si les termes sont annoncées et signées : il y a un moment où la bascule est là, se projeter en tant que celle qui restera aux côtés du Dominant.

Tome 3 : Cinquante nuances plus claires

Étant donné que leurs rapports se font sans préservatifs, Anastasia a la responsabilité de la contraception : jusqu'au jour où elle sera enceinte... Christian est loin de vouloir être père : le sexe sans les responsabilités (en gros). Autant il dispose, avec consentement, du corps d'Anastasia, autant il ne dispose pas du droit de lui demander d'avorter : où s'arrêtent ses exigences sur l'autre ? Ce n'est pas parce que Christian ne veut pas d'enfants, que c'est le cas d'Anastasia.


Pour le coup je trouve que c'est un peu trop facile d'incomber la charge contraceptive à une seule personne. Un oubli est facilement arrivé. Peu importe le format retenu (implant permanent, cachet quotidien...), la contraception féminine n'est pas fiable à 100%, tout comme le préservatif peut être défaillant.

Est-il envisageable une rupture du couple, Anastasia en tant que mère célibataire, une clause qui ferait qu'elle ne demanderait jamais rien à Christian ? Face à cette interrogation, Christian, enfant abandonné, mal traité lorsqu'il avait sa mère biologique à ses côtés, veut-il recommencer ce schéma (un enfant sans père, comme pour lui) ?

Une trilogie qui montre qu'après une rencontre purement contractuelle autour de rapports intimes, il y a une relation qui s'installe sur le long terme. Anastasia signe un contrat de confidentialité, mais est-il toujours d'actualité au vu de la tournure de la situation ?

vendredi 13 décembre 2024

"After" de Anna Todd

Le point de départ est simple : Hardin a le rôle du bad boy peu fréquentable pour les jeunes filles de bonne famille comme Teresa. Cette saga littéraire a été adaptée au cinéma : "Before after" serait en cours d'adaptation. Personnellement, par rapport aux descriptions des livres, je trouve que le côté bad boy n'est pas assez poussé au cinéma mais bon, les goûts et les couleurs...

After, l'intégrale : 1 à 5

Teresa est l'élève brillante, qui ne fait pas de vagues : elle ne répond pas à ses parents, est toujours vierge et est promise à Noah. Hardin est le bad boy par excellence : il enchaîne les conquêtes d'un soir, tatoué, piercé, grossier. Teresa va tout faire pour le repousser et il va tout faire pour qu'ils finissent ensemble. Pourquoi Hardin s'acharne-t-il à vouloir fréquenter Teresa ? Ce n'est qu'après lui avoir donné sa virginité qu'elle va découvrir la vérité : elle n'était qu'un pari. Pourquoi reste-elle attirée par Hardin ? Ce dernier a-t-il réellement des sentiments pour elle ou veut-il simplement continuer à s'amuser encore un peu ?

Il est vrai que la fréquence des grossieretés est à la longue un peu lourde mais pour le personnage, il faut bien que le vocabulaire soit là. Le groupe d'amis est à l'image d'Hardin : décomplexé, qui ne mâche pas ses mots.

En dehors de cela, l'histoire est assez captivante : mais pourquoi elle continue de le fréquenter, pourquoi ne reste-elle pas sur sa décision de ne pas lui donner de nouvelle chance (au bout d'un moment le crédit est épuisé non ?)... Teresa va être la risée pour sa mère, qui ne manquera pas de bien l'enfoncer en lui faisant la morale : répare les morceaux avec Noah, tu as rompu avec lui pour l'autre là alors que je t'avais prévenue que ça allait mal tourner, pour qui tu te fais passer... Hardin ne manquera pas de se montrer odieux (jalousie excessive...) avant de s'excuser, qui ira jusqu'à affirmer qu'elle l'a bien cherché : elle connaît Hardin, elle n'aurait pas dû faire ceci ou dire cela... Il y aura bien un trop-plein chez Teresa, une rupture, un retour, à nouveau une rupture...

Nous sommes dans une saga "je t'aime moi non plus", "fuis moi je te suis". Alors oui j'avoue je m'étais lancée dans la lecture de cette intégrale : un beau pavé de 2510 pages, en format poche. Autrement, vous avez bien sûr la possibilité de lire tome par tome (400 pages environ par ouvrage), le bloc de base faisant 5 saisons.


Before, saison 1

Préquel à la série After, ce premier opus se met dans la tête d'Hardin. Les lignes de sa vie avant la rencontre avec Tessa, son regard lorsque la maman de cette dernière fait irruption dans la chambre sur le campus alors qu'il est dans la chambre (elle va le prendre pour un moucheron à écraser), ses pensées face aux attitudes de Tessa (elle veut de lui mais en même temps résiste...).

 
La coupure ne tombe pas au même moment que le premier tome de After, à savoir que nous ne sommes pas arrivés à la révélation que Tessa était un défis pour Hardin à l'issue d'un action ou vérité. Cependant nous nous retrouvons pas loin. Ses pensées sont à l'image que nous pouvons nous faire en ayant lu After.


"Trois" de Valérie Perrin

Des amis inséparables et qui font face aux évènements : le maître d'école qui a pour rituel d'avoir un élève bouc émissaire pour l'année scolaire, le grand-père qui décède, l'envie de protéger des animaux abandonnés face aux parents qui sont contre... Des amis rejoignent le groupe, s'en vont, sont des piliers de cantine... Jusqu'à cette grossesse non désirée et entrer à l'hôpital pour se faire avorter : ou pas, car finalement, plusieurs semaines plus tard, elle montre à son copain son ventre qui s'arrondit. Et ce sera la disparition de la jeune fille.


En 2017, une voiture est retrouvée au fond d'un lac. Cela va faire ressortir la disparition, les non-dits, les rancœurs. Le temps a marqué chacun : maladie, engagement en refuge animalier avec un divorce... Tout du long du roman (un bon 660 pages), nous faisons un aller-retour entre présent et passé : il se passe quelque chose en 2017, nous revenons à un moment écoulé, ce qui donne un contexte pour les réactions des personnages : une distance, ne pas savoir quoi dire, un côté gauche...

L'histoire montre en quoi chaque évènement reste ancré, même si nous passons à autre chose. Il y a parfois toujours l'espoir de retomber amoureux, de refaire confiance à cette personne qui vous a fait du mal. 

 
Parfois c'est un peu long et lent, j'ai eu du mal à rester dans l'histoire. Le parallèle entre passé et présent montre très bien le pourquoi des réactions aussi bien les silences que de fuir.

lundi 9 décembre 2024

"Autobiographie d'une courgette" de Gilles Paris

Il s'appelle Icare, mais il est surnommé Courgette. Accidentellement, il va littéralement tuer sa maman. Son papa va finir en prison. Et donc Courgette se retrouve placé dans un centre spécialisé pour mineurs, avec des "zéducs", les fêtes d'anniversaires des uns et des autres, les sorties culturelles ou en forêt, les peurs de certains et les rêves...


Ce microcosme va s'approprier le monde autour : Courgette est un peu simplet sur les bords et se fait (plus ou moins) rabroué par les camarades. Chacun a ses cours préférés. Certains jouent les espions, et les informations s'avèrent parfois utiles pour faire pression (et par exemple empêcher un enfant de partir).
C'est aussi un attachement vis-à-vis de certains adultes. La sérénité d'un lieu par rapport à la maison. Se sentiment d'appartenance à un groupe. Fêter son anniversaire avec les amis du centre et les cadeaux, surtout le gâteau au chocolat qui fait la réputation du chef.

Le parcours de placement est vu depuis les yeux d'un enfant, avec ses mots, son côté décalé face à certains sujets mais il ne demande qu'à savoir ces choses qu'on n'apprend pas forcément dans les livres.

jeudi 5 décembre 2024

"La septième lune" de Piergorgio Pulixi

Comme à son habitude, Piergorgio Pulixi met en place son scénario en Sardaigne, avec des passages de dialogues en sardes (entres autres identités linguistiques). Les vacances se profilent pour certains enquêteurs, mais l'heure est à la résolution d'enquête.


Un opus moins marqué par ce côté mysticisme, moins d'oppression. Ce crime serait presque trop humain dès le début. Il y a des fausses pistes, une volonté de mettre en place des rituels lors des assassinats mais il apparaît rapidement qu'il pourrait s'agit d'un copycat.

Mara et Eva sont toujours sur le cas des meurtres ritualisés. Le premier corps retrouvé va ébranler l'équipe, principalement ce binôme. Mais il n'y a pas le temps pour se morfondre. De nombreux éléments vont dérouter les investigations.

L'enquête va faire de nombreux détours, chercher dans l'ancien dossier, interroger, relâcher des suspects tout en les gardant en ligne de mire... Et surtout cet indice : le calendrier avec les mouvements de la lune.

lundi 2 décembre 2024

"Phase 3" de Åsa Ericsdotter

Les maladies neurodégénératives sont au cœur de ce roman. Il s'agit plus particulièrement d'Alzheimer : une équipe de chercheur a mis au point une injection qui permet de résorber les effets de la maladie. Ils en sont à la phase 3 : le test sur les humains, avec un groupe d'individus aussi bien des femmes que des hommes. Mais après la joie de voir les effets positifs, certains patients se retrouvent être des tueurs de masse : qui des enfants dans un magasin Ikea, qui le retraité en maison spécialisée envers d'autres pensionnaires...


Combien de temps vont-ils garder cette nouvelle secrète ? Tant qu'il n'y a qu'un seul patient, la situation peut rester sous contrôle. Mais lorsque le compte arrive à 5... L'information finit forcément par fuiter. Le projet est à l'arrêt. La question se pose alors : le problème vient-il du traitement ou y a-t-il un paramètre, commun aux cinq personnes qui ne se connaissent pas, qui influencerait le comportement ?

Les tests sur des souris semblent concluantes. Mais cet animal n'est pas un humain. Au cours de l'enquête, les scientifiques vont se rendre compte que certaines souris ont eu des comportements agressifs auto-destructrices mais aussi envers ces congénères : comment cela est-il possible que personne n'ait pu se rendre compte de cette anomalie ? Le phénomène a-t-il été considéré comme un incident isolé ?


Il y a un réalisme dans ce roman qui me fait penser "et pourquoi pas dans la réalité". Les recherches scientifiques carburent pour régler les maladies, avec des tests sur des animaux avant des tests sur les humains : ce roman aborde un paramètre qui a été oublié par les scientifiques, car après tout, ils sont des êtres humains et peuvent passer à côté de quelque chose... De là à dire que l'hypothèse avancé par Åsa Ericsdotter peut arriver, je ne sais pas, mais je me dis pourquoi pas.

"Femmes sans merci" de Camilla Läckberg

Des femmes se retrouvent prisonnières dans un mariage qui ne va pas. Pourquoi ne pas simplement considérer le divorce ? Parce que la situati...